Conférence internationale sur l’iboga et l’ibogaïne à Libreville
- Mavikana
- 19 janv.
- 3 min de lecture

Le Gabon affirme sa souveraineté scientifique, culturelle et économique
Libreville, 12–13 janvier 2026. La Conférence internationale de Libreville sur l’iboga et l’ibogaïne, organisée à l’Hôtel La Sablière, a marqué un tournant stratégique pour le Gabon. Pendant deux jours, autorités publiques, chercheurs nationaux et internationaux, praticiens de la médecine traditionnelle, leaders spirituels et opérateurs économiques ont engagé un dialogue structuré autour d’une ambition commune, faire de l’iboga un levier de développement durable, éthique et souverain .
Plante endémique et sacrée, intimement liée aux traditions bwiti, l’iboga suscite aujourd’hui un intérêt scientifique croissant, notamment pour son alcaloïde, l’ibogaïne. Face à cette attention mondiale, la conférence a posé une question centrale, comment protéger, structurer et valoriser cette ressource sans la déposséder de son sens ni de son territoire d’origine.
Gabon Terre d’Avenir, une ONG engagée dans la structuration de la filière iboga
Membre du Bloc of Operators in the Iboga Sector (BOIS), l’ONG Gabon Terre d’Avenir (GTA) a co participé à l’élaboration de cette conférence. Cette implication traduit une conviction forte, l’avenir de l’iboga ne peut se construire sans une gouvernance collective associant institutions, communautés traditionnelles, chercheurs et entrepreneurs.
À travers cette participation, GTA a défendu une approche intégrée de la filière iboga, reliant préservation écologique, valorisation économique et transmission des savoirs. Une vision qui s’inscrit pleinement dans les objectifs du sommet, positionner le Gabon comme référence internationale sur l’iboga et l’ibogaïne, tout en garantissant la protection de la ressource et des connaissances endogènes.
Bwiti, jeunesse et développement, une parole forte portée par Yvon Moussirou
Lors du panel consacré au rôle du bwiti dans le développement de la filière iboga, Monsieur Yvon Moussirou, nouveau président de l’ONG Gabon Terre d’Avenir, a rappelé que le bwiti ne relève pas uniquement du registre spirituel. Il constitue également un cadre éthique et social capable d’orienter les choix économiques contemporains liés à l’iboga.
Son intervention a mis l’accent sur un enjeu central, l’implication de la jeunesse gabonaise. Former, responsabiliser et intégrer les jeunes aux débats et aux projets autour de l’iboga est, selon GTA, une condition essentielle pour bâtir une filière durable, ancrée localement et tournée vers l’avenir.
Recherche scientifique, économie et écologie au cœur des débats
Le programme de la conférence a illustré la complexité et la transversalité des enjeux liés à l’iboga. Des politiques publiques gabonaises aux cadres thérapeutiques internationaux, de la recherche scientifique menée au Gabon et aux États Unis aux problématiques de commerce illicite et de trafic, chaque session a souligné la nécessité d’une régulation claire et concertée .
Les discussions sur la culture de l’iboga, les enjeux écologiques et l’écotourisme ont rappelé que la valorisation économique ne peut se faire au détriment des écosystèmes forestiers ni des communautés qui en sont les gardiennes historiques.
Produits Mayay, une valorisation responsable de l’iboga gabonais
Cette conférence a également été l’occasion pour Gabon Terre d’Avenir de présenter ses produits Mayay, gélules et chocolat à base d’iboga. Conçus selon une approche respectueuse de la plante, des savoirs traditionnels et des normes sanitaires, ces produits ont suscité un intérêt marqué de la part des participants, chercheurs, praticiens et investisseurs.
Les retours positifs reçus confirment qu’il existe une demande internationale pour des produits issus de l’iboga, dès lors qu’ils sont traçables, éthiques et portés par des acteurs gabonais engagés.

Cadre législatif et exportation de l’iboga, un combat toujours d’actualité
Un constat a traversé l’ensemble des échanges, sans cadre législatif adapté, le Gabon restera en marge de la valorisation économique de sa propre ressource. Gabon Terre d’Avenir continue de militer pour l’adoption d’un dispositif juridique clair permettant l’exportation encadrée des produits dérivés de l’iboga.
L’objectif est double, lutter contre les circuits informels et le trafic illicite, tout en permettant aux initiatives locales structurées de créer de la valeur, de l’emploi et des revenus durables au bénéfice des communautés et de la jeunesse gabonaise.
Iboga et ibogaïne, un avenir à construire depuis le Gabon
La Conférence internationale de Libreville sur l’iboga et l’ibogaïne n’a pas vocation à clore le débat. Elle en a posé les fondations. En réunissant science moderne, héritage ancestral et perspectives économiques, elle a rappelé une vérité essentielle, l’iboga n’est pas une ressource ordinaire. Elle est une mémoire, une connaissance et une responsabilité collective.
À Libreville, le Gabon a affirmé sa volonté de reprendre la main sur son destin, en construisant un modèle de développement où l’iboga demeure une source de dignité, de soin et d’avenir, pour le pays et pour le monde.




























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